Peter Chaak

Grabouille & Bouillé : nouvelle couverture

Publié le 27/11/2017

Une nouvelle couverture pour G&B, qui rappelle davantage le chaos graphique qui les as vu naître !

Grabouille & Bouillé : 2ème tirage

Publié le 16/01/2017

Dans la précipitation du premier tirage, quelques coquilles orthographiques m'avaient échappé. Je profite de l'occasion pour modifier la mise en page de quelques doubles pages : la prise en compte de la pliure centrale n'était pas toujours satisfaisante, et l'organisation de la page "forêt" me paraît surchargée.

Je procède aussi à quelques petites modifications typographiques et remplace la galerie de neuf "gribouillages" originaux par une nouvelle illustration pleine page pour remplacer. Dès les nouveaux livres en main (tirés à 3 exemplaires !), je décide de modifier la couverture au prochain tirage : le rouge est un peu trop sanguinolent !

La page supprimée dans la deuxième édition

Grabouille & Bouillé

Publié le 09/01/2017

"Peter gribouille, gribouille encore. De tous ces gribouillages émergent deux petits personnages : Grabouille (pour "Gribouillis"), et Bouillé (pour “Boue”) Dans leur monde apparemment chaotique apparaissent pourtant des figures récurrentes et familières. Peter qui se prend d’affection pour eux leur confectionne alors quelques scènes pour qu’ils puissent y vivre heureux tous les deux. "

Voilà ce qu'on peut lire sur la quatrième de couverture de Grabouille & Bouillé, en guise non seulement de présentation mais aussi d'explication sommaire. Car ces deux personnages sont nés dans une matrice chaotique, un équivalent graphique de la soupe prébiotique de l'océan primitif terrestre qui aurait vu l'apparition de la vie.

Fasciné par mes propres gribouillis spontanés, typiquement réalisés au cours de conversations téléphoniques, je me refuse à les jeter et au contraire les collectionne, les entrepose soigneusement. Je les accumule donc pendant des années durant lesquelles mon inconscient transcrit mes états d'âme sur le papier. Ce n'est que quinze ans plus tard, en les sortant d'un placard, que je les feuillette nonchalamment, m'amusant à regarder ces gribouillages torturés.

Au-delà de l'esthétique pure de certaines planches, cachées dans le chaos de formes et de couleurs, de récurrences apparaissent : créatures anthropomorphes, machines, monstres, plantes étranges. Dans ce bestiaire deux figures se détachent particulièrement : une sorte de crocodile bleu bic, l'air maladif, et un petit être flottant, une sorte de sylvain nippon couloir turquoise qui semble survolé la situation. Je finis par imaginer leur histoire dans un monde géométrique constitué par toute la matière que j'ai à ma disposition. Le crocodile s'appellera Grabouille, en l'honneur de ma fille qui a justement l'âge de faire des gribouillages, et l'autre personnage se nommera Bouillé, en référence à la boue qu'elle évite soigneusemen

Voilà donc que naît le projet de Grabouille & Bouillé au pays des carrés et des ronds. J'imagine un scénario basé sur le régime alimentaire des protagonistes : Grabouille aime les triangles, mais pas les ronds, Bouillé l'inverse. Alors je scanne une centaine de pages de mes vieux gribouillages et je commence à extraire du fouillis tout ce qui ressemble de près ou de loin à un carré ou à un rond. Rapidement, les formes extraites se retrouvent classées avec une précision accrue : certains dessins évoquent des fleurs pour le moins exotiques, si ce n'est exobiologique, d'autres au contraire sont plus technologiques. Au fur et à mesure que mon catalogue s'agrandit, mon scénario se complexifie. La diversité des figures que je rencontre me permet d'imaginer une histoire plus complexe, dans un monde étrangement similaire au nôtre.

Bien sûr, la décision de cataloguer tel morceau de dessin comme un "avion", ou même comme une "machine" est dépendante à la fois du contexte qui l'a vu naître et de mon regard actuel. Soucieux de conserver le côté "Art brut" inhérent aux originaux, je me fixe une règle simple : je n'utiliserais que des dessins originaux et n'en dessinerais pas volontairement d'autres pour étayer mon catalogue, et, surtout, je ne déformerais pas les fragments que je m'apprête à utiliser. Armé de photoshop, je découpe donc les scans, les classes, puis commence à créer des planches thématiques : une forêt, un champ. Dans chacun d'eux, je dispose mes personnages.

Rapidement, je me permets deux amendements à ma règle de travail : si je ne déforme pas les objets, je peux néanmoins les grossir, ou au contraire les rapetisser. De plus, je me permets d'utiliser plusieurs fois un même fragment. Mes fichiers grossissent démesurément. À la fin, je finirais par céder à la tentation du fond : pour apaiser l'image trop chargée, j'utilise des fonds de couleurs en arrière-plan.

Finalement, l'histoire s'est construite d'elle-même alors que je rajoutais de nouvelles scènes, sujet de nouvelles péripéties pour mes deux personnages. Après une centaine d'heures de travail, la première maquette est enfin prête ! Elle partira aussitôt à l'imprimerie à qui j'ai commandé cinq exemplaires.